*Cerfontaine est l'un des quarante villages de l'Entre-Sambre et Meuse qui furent incorporés à la France en 1793 et qui le restèrent plus de vingt-deux ans, jusqu'en décembre 1815 après le deuxième traité de Paris.  

Le 19 février 1793,  rassemblés dans la collégiale de Florennes, en compagnie des représentants des 36 villages de ce district, des représentants et une centaine de bourgeois de Cerfontaine votent la réunion à la France et prêtent le serment de fidélité à la liberté et à l’égalité.   Le 4 mars suivant, ce vote de Florennes et des 36 villages qui en dépendent, est ratifié par la Convention Nationale : Cerfontaine fait désormais partie intégrante de la République, incorporée dans le cadre du département des Ardennes (chef-lieu Mézières) et du district de Couvin (Plus tard dans l’arrondissement de Rocroi).  La municipalité est la commune la plus importante de l’administration municipale du canton de Senzeilles (qui comprend en outre Neuville, ainsi que Soumoy pour quelques mois).  En l’an IX (1802), la commune dépendra du canton de Philippeville nouvellement créé.  Un arbre de la liberté fut planté à Cerfontaine, probablement sur la place du Carcan et un bonnet de la liberté coiffa le clocher de l'ancienne église, le tout aux accents virils des hymnes révolutionnaires.  La Société des Amis de la Liberté et de l’Egalité de Liège envoya à Cerfontaine ses « missionnaires » pour  « apostoliser » les gens du cru.  Le 16 ventôse an II, l’armée des Ardennes connaît chez nous un « jour mémorable » : la défaite de l’ennemi autrichien entre Soumoy et Cerfontaine, probablement à Rowlè.  En 1805, l’année d’Austerlitz, on compte 21 conscrits cerfontainois aux armées; en 1813, ils seront 31.  Si Philippeville changea son nom en « Vedette Républicaine », Mariembourg en « Avant-Garde Nationale » et Charleroi en « Libre-Sur-Sambre », Cerfontaine resta elle-même, mais on y déclara cependant la naissance d’un petit Napoléon en 1810.  Pierre-Guillaume Seron, maire de Cerfontaine de 1802 à 1804, avait été secrétaire de Danton et deviendra représentant de l’arrondissement de Philippeville au Congrès de 1830 et le premier député de la Chambre.  Pour rappel, Danton était le chef du Gouvernement insurrectionnel puis il sera député à Paris.

 

* Merci à André LEPINE, Historien local